Mis à jour le 13 octobre 2026
VGP : la vérification générale périodique des appareils et accessoires de levage
La vérification générale périodique (VGP) est l'examen obligatoire des appareils et accessoires de levage, fixé par l'arrêté du 1er mars 2004 en application de l'article R4323-23 du Code du travail. Elle revient tous les 12 mois en règle générale, tous les 6 mois pour un chariot élévateur ou un appareil qui lève des personnes, et une personne qualifiée, interne ou externe, la réalise.
12 mois
règle générale pour un appareil de levage[10]
6 mois
chariots élévateurs, gerbeurs, appareils qui lèvent des personnes[10]
3 mois
plate-forme de travail élevée à la main[10]
4 semaines
pour recevoir le rapport définitif[16]
5 ans
de conservation des rapports[20]
Ces périodicités sont des maxima : la notice du fabricant, l'assureur ou l'organisme de contrôle peut en demander de plus courtes. Cette page ne remplace ni la lecture des textes ni l'avis de votre organisme de contrôle.
Qu'est-ce que la VGP ?
La VGP découle de l'article R4323-23 du Code du travail : des arrêtés désignent les équipements que l'employeur fait vérifier périodiquement, « afin que soit décelée en temps utile toute détérioration susceptible de créer des dangers »[1]. Pour le levage, c'est l'arrêté du 1er mars 2004 qui fixe la liste des équipements, le contenu de la vérification et sa périodicité[2].
Sur un appareil de levage, la vérification a deux volets[3]. D'abord un examen visuel détaillé de l'état de conservation : freins, dispositifs qui contrôlent la descente des charges, poulies de mouflage, limiteurs de charge et de course, crochets, câbles et chaînes de charge[4]. Puis des essais de fonctionnement, qui vérifient l'efficacité des freins et des limiteurs et font déclencher les limiteurs de charge et de moment de renversement.
Elle ne doit pas être confondue avec les deux autres vérifications du levage. L'une a lieu à la mise en service de l'appareil[5], l'autre à sa remise en service après un démontage, une modification ou un accident[6]. La VGP, elle, revient à date fixe pendant toute la vie de l'équipement.
Quels équipements sont soumis à la VGP ?
L'arrêté vise deux familles[7]. Les appareils de levage d'abord : toute machine qui déplace une charge avec un changement de niveau significatif, la charge n'étant pas liée en permanence à l'appareil. Son annexe en donne la liste[8] ; voici ce que l'on croise dans un atelier ou une usine :
- chariots automoteurs élévateurs, à conducteur porté ou non, et gerbeurs
- ponts roulants, portiques, monorails et poutres
- palans, treuils, vérins et leurs supports, tire-fort de levage, crics
- grues potences
- tables élévatrices, hayons élévateurs, ponts élévateurs de véhicule
- plates-formes élévatrices mobiles de personnes, transstockeurs avec conducteur embarqué
- équipements interchangeables installés sur le tablier d'un chariot élévateur
Viennent ensuite les accessoires de levage : ce qui se place entre l'appareil et la charge sans être incorporé à la machine, comme une élingue, un palonnier, une pince auto-serrante, un aimant, une ventouse ou une clé de levage[7].
Ce qui sort du champ de la VGP
La même annexe exclut une série d'équipements[8]. Les plus courants en industrie :
- les transpalettes qui lèvent la charge juste assez pour la décoller du sol
- les convoyeurs et transporteurs
- les appareils de levage intégrés à une machine ou à une ligne de fabrication automatisée, qui évoluent dans une zone inaccessible aux personnes en production
- les ascenseurs, les monte-charges et les élévateurs de personnes jusqu'à 0,15 m/s installés à demeure
- les équilibreurs dont la charge est fixée de manière permanente à l'appareil
Sortir du champ de l'arrêté ne dispense pas d'entretenir l'équipement : le Code du travail impose de maintenir tout équipement de travail en état de conformité[9].
Périodicité de la VGP
La règle est de douze mois, avec des exceptions plus courtes[10]. Le tableau reprend les cas de l'article 23 de l'arrêté et, pour les accessoires, de son article 24[11].
| Équipement | Périodicité maximale | Texte |
|---|---|---|
| Pont roulant, portique, palan, treuil, potence installés à demeure | 12 mois | Article 23, règle générale[10] |
| Chariot élévateur à conducteur porté ou non, gerbeur | 6 mois | Articles 20-II et 23 a[12] |
| Grue mobile, grue auxiliaire de chargement, hayon élévateur, monte-matériaux, plate-forme élévatrice mobile de personnes | 6 mois | Articles 20-II et 23 a[10] |
| Appareil mû à la main qui change de site (palan manuel, par exemple) | 6 mois | Articles 20-III et 23 a[10] |
| Appareil motorisé qui transporte des personnes ou élève un poste de travail | 6 mois | Article 23 a[10] |
| Plate-forme de travail élevée à la force humaine | 3 mois | Article 23 b[10] |
| Accessoire de levage : élingue, palonnier, pince, aimant, ventouse, clé de levage | 12 mois | Article 24[11] |
La liste de l'article 20 qui fait passer un appareil à six mois couvre surtout des engins qui changent de site : grues mobiles, grues auxiliaires de chargement, hayons élévateurs, monte-matériaux de chantier, plates-formes élévatrices mobiles de personnes, et les chariots élévateurs[12]. Un pont roulant installé à demeure reste à douze mois.
Un appareil loué arrive avec son propre historique. Le locataire doit s'assurer auprès du loueur que les vérifications ont été faites, et les copies du dernier rapport de VGP et de l'historique accompagnent l'appareil, avec sa notice[13].
Qui peut réaliser la VGP ?
Une personne qualifiée, qui peut appartenir ou non à l'établissement[14]. Le texte lui demande deux choses : être compétente dans la prévention des risques des équipements vérifiés, et connaître la réglementation qui s'y applique. L'employeur tient la liste de ces personnes à la disposition de l'inspection du travail.
Aucune accréditation n'est exigée pour une VGP ordinaire. Un organisme de contrôle, le loueur, le fabricant ou un salarié qualifié de l'entreprise peut donc la faire. Seule exception : quand l'essai de fonctionnement est techniquement impossible, par exemple à cause de l'importance de la charge, il est remplacé par une vérification de nature expérimentale, réservée à un organisme accrédité[15].
De son côté, l'employeur met l'appareil à disposition le temps nécessaire. Il fournit la notice du fabricant, les rapports précédents et le carnet de maintenance, et assure la présence d'un conducteur ainsi que des moyens d'accès sûrs[16].
Que contient le rapport de VGP ?
La personne qualifiée remet un rapport provisoire à l'issue de la vérification, puis le rapport définitif dans les quatre semaines qui suivent les examens et essais[16]. Il rend compte de ce que la vérification a regardé : l'état de conservation des organes essentiels et le résultat des essais des freins et des limiteurs[3]. Chaque observation qu'il relève devient un point à corriger, puis à tracer.
Pour un accessoire de levage, l'examen annuel cherche toute détérioration dangereuse : déformation, hernie, étranglement, toron cassé, fils cassés au-delà du nombre admissible, linguet détérioré, ou autre limite d'emploi fixée par la notice du fabricant[11].
Registre de sécurité : où ranger les résultats de la VGP
Le résultat de chaque VGP est consigné sur le registre de sécurité[17], sans délai[16]. Quand la vérification est faite par une personne extérieure à l'établissement, le rapport est annexé au registre ; à défaut, le registre indique la date de la vérification, la date de remise du rapport et le lieu où il est archivé[18].
Registre et rapports peuvent être tenus et conservés sur tout support[19]. Les documents des vérifications se gardent cinq ans, et dans tous les cas ceux des deux dernières vérifications[20].
Après la VGP : réserves, réparation et remise en service
Une VGP qui relève un défaut ne clôt pas le dossier. L'employeur doit maintenir l'équipement en état de conformité[9] : la réserve se lève par une réparation, et la levée se trace.
Certaines réparations exigent une nouvelle vérification avant de reprendre le travail. L'arrêté impose une vérification de remise en service[12] :
- après tout remplacement, réparation ou transformation importante d'un organe essentiel
- après un démontage suivi d'un remontage
- après un accident provoqué par la défaillance d'un organe essentiel
- en cas de changement de site, de configuration ou de conditions d'utilisation
Cette vérification va plus loin que la VGP : examen d'adéquation, état de conservation, épreuves statique et dynamique de l'appareil[21]. Avant de relancer un levage, deux calculs aident à rester dans les limites : la tension dans les brins d'une élingue selon l'angle et l'effort sur un palan selon le mouflage.
Suivre la VGP dans une GMAO
Dans Reglova, la VGP fait partie de la bibliothèque de contrôles. On la coche sur les équipements de la bonne classe et elle se pose avec sa périodicité et son texte : 6 mois pour le chariot élévateur, 12 mois pour l'appareil de levage, 12 mois pour les accessoires. Elle rejoint les autres contrôles réglementaires, des installations électriques aux extincteurs.
- Si la date de la dernière VGP n'est pas connue, la première échéance tombe à 30 jours, le temps de retrouver le dernier rapport.
- À 7 h, les jours où il y a une échéance, un e-mail part aux administrateurs et aux responsables : les contrôles à 30 jours, à 7 jours et du jour. Le lundi, le récapitulatif de la semaine prend sa place.
- Le rapport de la VGP se joint au contrôle, et une réserve ouvre une intervention pour la lever.
- Le dossier d'audit en PDF rassemble le tout.
Pour poser vos propres VGP, rejoignez la bêta gratuite. Pour situer l'outil parmi les autres, lisez notre comparatif des logiciels de GMAO, ou découvrez Reglova depuis l'accueil.
Questions fréquentes sur la VGP
Quelle est la périodicité de la VGP d'un chariot élévateur ?
Six mois au plus, à conducteur porté ou non, gerbeurs compris : les chariots élévateurs figurent dans la liste de l'article 20 de l'arrêté du 1er mars 2004, que l'article 23 place à six mois. Les transpalettes qui ne font que décoller la charge du sol sont hors champ.
Tous les combien faire la VGP d'un pont roulant ou d'un palan ?
Douze mois pour un appareil installé à demeure (article 23 de l'arrêté). Le délai tombe à six mois pour un palan à main qui change de site ou un appareil motorisé qui lève des personnes, et à trois mois pour une plate-forme de travail élevée à la main.
Faut-il un organisme accrédité pour faire la VGP ?
Pas pour une VGP ordinaire : l'article R4323-24 du Code du travail demande une personne qualifiée, interne ou externe, compétente et au fait des textes. L'accréditation n'est exigée que si l'essai de fonctionnement est techniquement impossible et remplacé par une vérification expérimentale (article 25 de l'arrêté).
Les élingues sont-elles soumises à la VGP ?
Comme tout accessoire de levage (palonnier, pince, aimant, ventouse), une élingue passe un examen de son état tous les douze mois au plus, selon l'article 24 de l'arrêté. L'examen recherche déformation, toron cassé, fils cassés en excès ou linguet détérioré.
Combien de temps garder les rapports de VGP ?
Cinq ans, et en tout état de cause ceux des deux dernières vérifications, selon l'article D4711-3 du Code du travail. Le rapport d'une personne extérieure à l'établissement est annexé au registre de sécurité (article R4323-26).
Que faire après une réparation importante sur un appareil de levage ?
Une vérification de remise en service, avant de reprendre le levage : l'article 20 de l'arrêté l'impose après tout remplacement, réparation ou transformation importante d'un organe essentiel, comme après un démontage ou un accident.
Textes cités
Textes lus article par article sur Légifrance et le Code du travail numérique le 13 octobre 2026.
- Code du travail, article R4323-23
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage, texte en vigueur
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage, article 22
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage, article 9
- Code du travail, article R4323-22
- Code du travail, article R4323-28
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage, article 2
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage, annexe
- Code du travail, article R4322-1
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage, article 23
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage, article 24
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage, article 20
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage, article 15
- Code du travail, article R4323-24
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage, article 25
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage, article 3
- Code du travail, article R4323-25
- Code du travail, article R4323-26
- Code du travail, article R4323-27
- Code du travail, article D4711-3
- Arrêté du 1er mars 2004 relatif aux vérifications des appareils et accessoires de levage, article 19
Plus de VGP oubliée, plus de rapport introuvable le jour de l'audit
- VGP posée sur la machine avec son texte
- Rappels par e-mail à 30 jours, 7 jours et le jour même
- Rapport de la VGP joint au contrôle
- Dossier d'audit en PDF, en un clic
Gratuit pendant la bêta, sans carte bancaire